Une nuit à la tonne avec Laurent

Une nuit à la tonne avec Laurent

Chasseur de Nouvelle Aquitaine, j’ai la chance de pouvoir bénéficier d’une offre de territoires riche et variée qui permet des modes de chasse différents. Comme beaucoup d’entre nous, je me concentre sur certains avec toujours l’envie, dans un petit coin de ma tête, d’en découvrir d’autres.

Avec la naissance prochaine de la plateforme Journée de chasse, je décide de me faire moi-même ambassadeur de la diversité des modes de chasse et des territoires et de vous emmener à leur découverte… Je prends mon téléphone et j’appelle Laurent pour qu’il m’emmène une nuit à la tonne, aussi appelée hutte ou gabion au nord de la Loire. Rendez-vous est donné chez lui le lendemain en fin d’après-midi.

Laurent est le chasseur médocain type par excellence : il chasse aux chiens d’arrêt, à courre le cerf et à la tonne. Il aime la diversité et les sensations différentes, mais complémentaires, offertes par ces modes de chasse. Tous cependant lui permettent une communion avec la nature qu’il affectionne et qu’il retrouve dans son métier d’agriculteur.

Le lendemain donc, nous nous retrouvons dans la cour de ferme de Laurent. Le temps de charger le casse-croûte du soir et sa springer, Diane, et nous voilà partis pour le lac d’Hourtin. Le lac d’Hourtin est un des plus grands lacs naturels de France et il constitue un lieu de passage obligé pour le couloir Ouest de la migration en France. Laurent y chasse tous les mercredis de la saison dans une tonne placée au beau milieu des roseaux.

Un petit coin de paradis

Quel décor de paradis ! Le chant des appelants nous accueille et nous ne perdons pas de temps à nous installer.

La première étape est de tendre les appelants vivants, lesquels auront pour mission d’attirer leurs congénères sauvages et de les faire poser à portée de fusils. Laurent sélectionne son équipe du soir et nous les attelons à leurs plateaux qui sont disposés en différentes lignes et entourés de formes en plastique. Souchets, sarcelles, colverts, siffleurs, pilets, la diversité des espèces maximise les chances de pose. La stratégie du plan d’attache est une science à elle seule… Il faut prendre en compte le vent, les habitudes des oiseaux ou encore le chant de ses appelants. Laurent connaît son affaire et une vingtaine de minutes plus tard, nos 25 canards sont tendus. Les chanteuses donnent de la voix dans le soleil couchant et c’est avec ce joyeux concert que nous rentrons nous mettre au chaud.

Mise en place des appelants

La tonne de Laurent et de ses copains est une vraie petite maison : une cuisine, deux lits et des petites ouvertures, appelées guichets, pour observer le plan d’eau et les oiseaux en approche. Laurent se met au fourneau. C’est aussi ça la nuit à la tonne : un bon gueuleton partagé ! Après avoir sifflés la conserve de cassoulet arrosée d’un bon Médoc nous éteignons la lumière et nous mettons au guichet, bien installés dans nos chaises hautes. 

L’observation commence et durera toute la nuit. Instants magiques, où l’on écoute plus que l’on ne voit les canards, que l’on imagine passer au-dessus de la tonne. Les pupilles s’écarquillent pour scruter l’obscurité à la jumelle et le cœur se met à battre lorsque les appelants chantent plus fort. 

Les lignes d'appelants et les formes sont bien visibles pour éviter toutes erreurs

Malheureusement cette nuit-là rien ne bouge et nous décidons de faire un petit somme, bien au chaud sous nos couvertures. Tous les guichets sont ouverts pour profiter du concert de la nuit et ne pas louper la pose. Je me réveille à 3 heures pour faire une petite observation. RAS… Seul le clapotis du lac et les formes qui bougent en cadence. Je me recouche pour me relever 2h30 plus tard alors que Laurent est déjà au guichet.

Il est 6h30 du matin, le ciel se découvre alors que des nappes de brouillard s’accroche encore aux roseaux. Le lac est huileux, l’ambiance est irréelle. L’espoir d’une pose matinale est tenace et nous restons scotchés à nos guichets alors que le soleil perce timidement entre les nuages…. 7h30, nous travaillons tous les deux aujourd’hui et il est temps de détendre les appelants, l’occasion pour nous de prendre une petite douche puisque certains ne sont pas vraiment coopératifs. 

Petit matin

Nous partons en silence, le corps encore engourdi par cette courte nuit mais avec des images et des sons plein la tête. Quelle belle manière de commencer la journée !

Saint Hubert n’était pas de la partie mais cela sera pour une autre fois. La chasse c’est la passion quotidienne et confortable de ce que l’on connaît, bien sûr, mais aussi la découverte de nouveaux modes de chasse et la convivialité… Merci Laurent et à bientôt sur le lac !

3 Replies to “Une nuit à la tonne avec Laurent”

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *